Le yoga et l’âge : une question mal posée

Le yoga et l’âge : une question mal posée

« Est-ce que je ne suis pas trop vieux pour le yoga ? » La question est sans doute plus fréquente chez nous qu’aux États-Unis ou dans les pays du Royaume-Uni, en raison de la popularité relativement récente de la pratique en France, notamment celle des styles les plus exigeants. Cette interrogation semble légitime mais s’appuie sur un seul fait, et rend la réflexion simpliste et possiblement erronée. Laquelle est de penser que l’âge, à lui seul, révèlerait nos possibilités.

L’âge, un indicateur très imparfait

L’âge indique nos années de vie, notre expérience, mais ne traduit pas notre condition physique. Deux personnes du même âge n’ont ni le même corps, ni la même histoire corporelle, ni les mêmes habitudes de mouvement. L’une peut être active depuis toujours, l’autre sédentaire depuis des années. L’une peut avoir des douleurs, l’autre non. Et par ailleurs, il est possible qu’un.e vingtenaire accro aux écrans ait moins d’amplitude de mouvement qu’un.e danseur.seuse quarantenaire.

Derrière l’âge coexistent en réalité une multitude de facteurs : condition physique, vécu, hygiène de vie, santé, confiance et rapport au corps. Donc, se demander si l’on est « trop vieux pour le yoga » revient à poser une question qui élude la complexité d’une personne.

Une question plus juste serait peut-être : quel style de pratique est juste pour moi, aujourd’hui ?

Le yoga n’est pas une pratique unique, mais un ensemble de propositions modulables dans l’intensité, le rythme et les objectifs.

Le sujet est donc plutôt de choisir une manière de pratiquer qui corresponde à son état du moment. Ce qui change avec l’âge n’est pas la possibilité de pratiquer, mais la façon de le faire.

Il n’y a pas d’âge pour commencer le yoga, mais il y a des contextes

Dire qu’il n’y a « pas d’âge » pour débuter le yoga est vrai… mais aussi un peu sommaire.

En effet, on ne débute pas à 25 ans comme on commence à 65. Il ne s’agit pas tant de capacités mais de corps, d’expériences et d’attentes qui diffèrent.

À 20 ou 30 ans, on cherche parfois l’intensité, la performance, la progression rapide.
À 50 ou 70, on peut chercher autre chose : plus de confort, la mobilité, la respiration, ou une relation apaisée au corps.

Le yoga, dans sa diversité, propose justement cela. Entre un vinyasa dynamique, un hatha plus énergétique, un yin introspectif, un yoga restauratif, il existe de nombreuses entrées possibles.

La vraie question devient alors  « de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? », et quel que soit son âge.

Loin d’être fragile, le corps s’adapte

Une autre idée préconçue et très répandue, surtout avec l’âge, est celle d’un corps qui deviendrait fragile, qu’il faudrait « ménager » à tout prix. Des limitations réelles existent mais cela ne signifie pas que le corps doit se limiter,  au contraire.

Les recommandations de l’ANSES soulignent l’importance de l’activité physique quotidienne et montrent que le corps s’adapte.  Même plus tard, il est capable de développer de la force, de la souplesse, de la coordination.

Les recherches scientifiques (américaines ou canadiennes) sur le yoga décrivent plutôt une pratique à charge modérée, avec peu d’impact articulaire et une intensité ajustable. Des essais contrôlés menés chez des adultes, y compris âgés, montrent qu’une pratique régulière peut améliorer la force, l’équilibre et la mobilité, sans augmentation significative du risque de blessure car le yoga suggère une écoute du corps.

En France, ces observations s’inscrivent dans le cadre plus large du sport-santé, où le yoga est aujourd’hui reconnu comme une activité physique accessible à tous, y compris dans des contextes de reprise ou de vieillissement (publication de l’Ameli)

Choisir un yoga qui vous ressemble

On pourrait croire que commencer le yoga tard est un handicap. Or avec les années, viennent souvent, une meilleure écoute de soi, l’envie de ralentir et une attention plus fine aux sensations. Autant de qualités qui sont au cœur du yoga. C’est aussi l’occasion de s’orienter vers d’autres facettes de la pratique.

Quelqu’un qui débute à 60 ans n’aura probablement pas les mêmes besoins qu’une personne de 25 ans déjà sportive.

Quelques repères simples :

  • yoga doux idéal pour débuter en douceur, travailler la mobilité et la détente
  • hatha ou flow lent : pour retrouver de la fluidité et du tonus progressivement
  • vinyasa à intégrer progressivement
  • yin, yoga restauratif ou méditation pour s’ancrer et se glisser vers plus de quiétude

L’important est de choisir la forme de yoga qui encourage à la régularité sans appréhension. Une pratique juste permet d’entretenir ses capacités, voire en restaurer certaines.

Par ailleurs, quelle autre discipline du mouvement invite-t-elle à s’arrêter quand on sent ses limites et sollicite de manière égale et équilibrée, nos 350 (environ) articulations ?

Commencer le yoga à tout âge, c’est transformer quelque chose

Le yoga dans son essence, n’est pas une démonstration mais une expérience, un voyage. Et cette expérience reste accessible à tous en laissant son ego de côté. Certaines postures ne sont plus possibles, mais qu’importe ? Ce fait est d’ailleurs vrai à tout âge, les corps sont tous différents.

L’âge peut être une raison facile, presque rassurante. Elle évite d’aller regarder ce qui est plus délicat : le rapport que l’on entretient avec son propre corps. Commencer le yoga tard donne l’opportunité de déplacer légèrement le regard que l’on pose sur son corps. Et parfois, ce déplacement-là est plus décisif que l’âge lui-même. Un corps que l’on croit limité se comporte différemment d’un corps auquel on laisse une chance.

Il y a quelque chose d’audacieux dans le fait de commencer une nouvelle pratique plus tard. C’est une décision qui va à l’encontre de l’idée que « tout est déjà joué » et confirme que le corps tout entier peut encore apprendre. Pas de la même manière qu’à 20 ans. Mais autrement, avec sa propre richesse. Je n’étais déjà plus d’un jeune âge, ni née avec un tempérament sportif quand j’ai pris la décision d’enseigner. Ce n’est pas non plus le fait de pouvoir répéter les chaturanga sans effort qui m’a motivée mais plutôt de comprendre la subtilité de la pratique, appliquée en dehors du tapis.

Le yoga n’est pas une discipline figée. C’est une pratique qui évolue avec les états du corps et les périodes de vie. On ne pratique pas le même yoga à 30, 50 ou 70 ans… normal.

Et l’âge, au fond, n’est pas une limite, c’est un élément du contexte.


Comme Kim vient de le rappeler, l’écoute et la conscience du corps sont fondamentales pour se sentir bien. C’est finalement pour cela que la question de l’âge est réductrice.

Si vous voulez en savoir plus sur les atouts de l’âge dans la pratique du yoga, relisez notre article sur le sujet : Peut-on faire du Yoga après 50 ans ?
Et, pour connaitre nos différents cours et Yoga que nous vous proposons chez Mon Studio de Yoga à Courbevoie :

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