Bodypositive & Yoga

A une époque où les images sont omniprésentes dans notre quotidien, on se pose tous la question de notre apparence. D’autant plus lorsqu’en visio on parle à son interlocuteur en ayant le nez sur son propre reflet. Avant de vous jeter à corps perdu dans le summer body, on vous propose de réfléchir à tout ça. Comment apprendre à se regarder différemment, avec un regard bienveillant ? Et quel est le rapport entre la tendance Bodypositive et le Yoga ? On vous dit tout.

Un corps mal-aimé

Le corps idéal : une norme sociale

Une norme sociale est une règle tacite qui guide nos comportements, qui guide ce que nous trouvons bien ou mal, correct ou non mais aussi beau ou laid dans un contexte donné. C’est une sorte de consensus auquel on tente de se plier pour être conforme aux attentes d’un groupe (ou d’une société). C’est un processus intériorisé et qui n’est d’ailleurs pas toujours conscient. Le problème vient du décalage qui existe entre cette norme intériorisée vers laquelle on essaie de tendre, et la réalité biologique de notre corps. Car on ne décide pas de tout en ce qui concerne notre corps. Et, pour les femmes en particulier, l’écart entre la norme et la réalité est de taille !

Le corps, un dilemme féminin

L’IMC, Indice de Masse Corporelle, donne des repères de normalité de poids pour une taille donnée. L’IMC recommandé pour une bonne santé se situe entre 18.5 et 24.9.

Dans un premier temps, on peut s’interroger sur les problématiques réelles à être en dehors des normes. Car bien que l’obésité soit depuis peu reconnue comme une maladie, ce n’est pas une cause de mortalité mais bien un facteur de comorbilité. C’est-à-dire que l’obésite favorise d’autres maladies, mais elle ne tue pas. L’IMC seul est donc questionné.

D’autre part, une étude a mis en évidence que si l’on veut être conforme à la norme sociale et avoir l’apparence qui va avec, il faudrait plutôt se situer autour des 19.2. Ce qui revient à se restreindre au-delà des valeurs recommandées pour être en bonne santé, et probablement bien davantage de ce que la nature a prévu pour nous, uniquement pour refléter l’image attendue.

ci-contre la moyenne des françaises vs la moyenne de la femme véhiculée par les média

Les conséquences psychologiques mais aussi en termes de santé physique sont nombreuses. En effet, à partir du moment où on ne tient pas compte des besoins du corps, de ses signes, que l’on prend le contrôle de façon mental sur son corps, on dérègle le système. Si bien qu’il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui ont toujours faim. Ou au contraire qui ne savent plus dire quand elles ont faim, quand elles sont rassasiées… Parallèlement il y a aussi l’intégration de cette petite graine de pensée « je ne suis pas comme il faut, je dois me contrôler », dont les conséquences, vous l’imaginez, peuvent être désastreuses…

L’importance de l’apparence

Alors oui, c’est vrai l’image reste importante car c’est ce que les autres voient de nous. C’est avec notre apparence (en partie !) que nous arrivons à séduire. Entre santé et apparence parfois, le choix est malheureux. Prenons l’exemple du port des escarpins qui ne respecte pas la forme du pied, mais qui reste un impératif féminin (norme sociale) dans de nombreux postes à responsabilité, encore en 2026 !

L’apparence et le statut social

L’apparence apporte un certain bénéfice social, un faire-valoir que de nombreux sociologues ont déjà mis en évidence. Pire, des études ont montré que l’on accordait beaucoup plus facilement de sérieux et de la compétence aux personnes que l’on trouvait belles. Comme si les deux allaient de paire. L’apparence est donc un critère d’évaluation sociale et donc d’inclusion ou d’exclusion.

Ce qui est plus pernicieux chez les femmes, c’est que la question de la santé est intrinsèquement liée à la question de l’esthétique. Beaucoup plus que pour les hommes. C’est une des qualités féminines attendue : une femme doit être belle, bien entretenue, c’est un gage de bonne santé. Mais pourquoi donc ?

Et bien cela ne vous a pas échappé, une femme belle et en bonne santé fera de beaux bébés en bonne santé. Et oui, car au-delà des normes sociales, nous sommes aussi programmés biologiquement pour perpétuer l’espèce. Or les femelles doivent être « choisies » par le(s) mâle(s). Pour ces derniers, la logique n’est pas la même car ils peuvent procréer (presque) sans limite. Tandis que les femelles ont un nombre limité de gamètes, c’est ce que l’on appelle la sélection sexuelle. On connait tous la sélection naturelle qui est la lutte pour la survie mais on oublie souvent ce 2e volet qu’est la sélection par la reproduction.

Yoga & le Bodypositive

Le Bodypositive est un mouvement récent, que l’on voit beaucoup dans les média, en faveur de l’acceptation et l’appréciation de tous les types de corps humains. On sait que la stigmatisation renforce les difficultés et les pathologies liées à l’acceptation de soi. L’idée de ce mouvement est donc de montrer la diversité des corps, des morphologies afin de créer un espace sain et inclusif. Il encourage la diversité et l’estime de soi en soutenant que la beauté est une construction sociale. Laquelle dépend des cultures et défie les stéréotypes et définitions normatives partagés par les médias. Concrètement en changeant notre façon de regarder le corps féminin cela permet à chacune de trouver sa place sans se sentir exclue.

Et le Yoga dans tout cela ?

Le Yoga n’est pas de la gymnastique. Les postures de Yoga ne sont pas des positions du corps à atteindre. Malheureusement dans un monde dominé par les images, il est difficile d’envisager le Yoga sans visualiser un corps dans une posture. Avec un corps que l’on souhaite le plus beau et jeune possible. Et, une posture que l’on exige la plus parfaite, la plus géométrique possible.

L’objectif du Yoga est d’arrêter les fluctuations du mental « vritti chitta nirodha ». D’abord en acceptant ce qui est. Ensuite en mobilisant le corps, on retrouve de la fluidité et on permet un lâcher-prise mental. Le tour de taille n’a rien à voir là-dedans. Faire le grand écart ou mettre son pied derrière l’oreille ne doit jamais être votre objectif dans un cours de Yoga.

On ne travaille pas face au miroir, on doit se laisser guider par ses sensations. La forme et/ou les possibilités de votre corps ne doivent pas être un sujet. A partir du moment où vous êtes bien dans votre corps (et dans votre tête), vous n’avez pas besoin de vous demander si vous êtes suffisamment bien.

Conclusion

La pratique régulière de la méditation et du Yoga permettent de prendre de la distance avec les diktats et apprennent à se recentrer sur les sensations du corps pour cultiver le bien-être. Donc oui, on peut dire que le Yoga est 100% Bodypositive : il accepte tous les corps et tous les âges.

En attendant d’élever les petites filles différemment en cessant de ramener leur identité à leur image, travaillons sur notre regard de l’autre, notre regard de soi. Car après tout, si on ne s’aime pas soi-même, comment les autres pourraient nous aimer ?


Méditation

Avant de vous lancer à corps perdu dans un régime ou de vous mettre à faire 10km par jour espérant perdre 1 cm de tour de cuissse, venez expérimenter le fait d’habiter votre corps. A chaque séance de Yoga on construit cette confiance, pièce après pièce et on entretien des bases solides, avec soi-même. Tout simplement.
Si vous n’avez jamais testé, n’attendez plus, choisissez le cours qui vous convient et venez nous voir au 6 rue Watteau à Courbevoie. C’est à 2 pas du Pont de Levallois et de la Gare de Bécon (future Gare du Grand Paris).

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