J’ai testé pour vous… la culotte de règles

La culotte de règles ou lingerie menstruelle, vous connaissez ? Les publicités en tout genre fleurissent sur les réseaux sociaux nous expliquant que ce qu’on a toujours fait jusqu’à maintenant est non seulement une monstruosité écologique mais en plus pas du tout confortable ni efficace. Si vous aussi en regardant ces publicités vous vous sentez comme une cruche sortie tout droit des années 70 et que votre curiosité a été piquée mais que vous n’avez pas encore sauté le pas, alors suivez le guide !

Les culottes menstruelles : de quoi s’agit-il ?

C’est une nouvelle alternative de protections menstruelles qui repose sur des innovations textiles. Concrètement, il s’agit de lingerie (donc culotte, tanga ou boxer car en string, ça parait difficile…) avec plusieurs couches de tissus ultrafin et absorbant. Le principe c’est qu’au lieu de coller une serviette hygiénique au fond de votre culotte, vous mettez direct la bonne culotte.
Ce ne sont pas des culottes jetables mais bien lavables – elles vont en machine !

Alors, comment s’est passé le test ?

Avant le test : le choix de la culotte de règles

L’étude de marché

D’abord j’ai pris conseil autour de moi. Enfin j’ai essayé car finalement, peu de femmes en utilisent dans mon entourage. Et la plus calée en la matière m’expliquait que sa marque chouchoute n’existait plus. Et là je venais de mettre le doigt sur un truc important : quelle marque choisir ? Non seulement il y a l’aspect esthétique : le style, la forme, la couleur de la culotte, comme on choisirait de la lingerie « normale ». Mais il y a aussi des sujets d’intensité d’absorption… et ce que je craignais arrivait : il faut passer un peu de temps à faire une petite analyse de marché, comparer, regarder les différentes marques, pour déterminer ce qui est important pour moi. Alors qu’au départ j’en avais évidemment aucune idée de ce qui était important pour moi en matière de culotte menstruelle !

Bref, vient ensuite la problématique de la taille. La plupart des marques vendent en ligne. Comment savoir sa taille quand on connait pas la marque et surtout qu’il faut en acheter plusieurs (sans se tromper) pour pouvoir tester. Car oui, même si la culotte est lavable, je pense qu’aucune femme ne va laver sa culotte et attendre qu’elle sèche pour la remettre. Il faut bien en prévoir 3 au minimum.

Je regarde un peu les marques et les sites, et sans trop m’appesantir sur l’étude de marché, l’image d’une des marques se détache. Peut-être (probablement !) que je me suis faite avoir par le marketing…

Le choix de la culotte de règles

Je choisis une absorption moyenne /super, une forme assez classique « passe partout », noire avec un petit détail « sexy » et je prends un pack de 3. Pour la petite anecdote, le petit détail c’est la couture qui est surpiquée avec un fil « shiny » bleu. J’aimais bien, jusqu’à ce que mon mec me dise un jour « mais c’est quoi cette culotte ? ». Je ne lui dit rien pour le test, je lui réponds « c’est rien, c’est une nouvelle culotte pourquoi ? ». Et là, le couperet (de la notion de sexy) tombe : « ben c’est bizarre une culotte couleur tendeurs ». J’ai mis 2 secondes à comprendre… Vous savez les tendeurs bleus qu’on a toujours dans le coffre de la voiture au cas où… Je me prends la tête à trouver une culotte sympa, ok c’est pas méga sexy mais ça reste un peu fun, et là je comprends que sa référence à lui vient du fond du coffre de la voiture…

Budget pour un pack de 3 culottes avec frais de livraison offert et réduc : 85€. Pour la petite anecdote, j’ai contacté la marque en disant que j’allais faire un article et je voulais vous faire partager une réduction. Ils n’ont pas jugé bon de me répondre.

La découverte de ma culotte

Les culottes arrivent dans une enveloppe plate qui entre dans la boîte aux lettres dans un emballage type enveloppe kraft un peu renforcée. C’est un détail mais pas de colis à aller chercher à Pétaouchnock, c’est pas du luxe. J’aime bien cette simplicité et efficacité. Pas de papier superflu, les consignes sont directement imprimées sur la culotte : je dois les laver avant utilisation.

Ma première impression : elles sont bien, c’est vrai qu’au toucher ça parait très fin, un peu plus épais qu’une culotte lambda évidemment, mais on n’est pas sur une couche pampers si vous voyez ce que je veux dire…

Première utilisation de la culotte de règles

Une fois lavée et premier jour des règles arrivé, je m’empresse d’enfiler la dite culotte. J’avais hésité entre 2 tailles et comme pour les maillots de bain, les culottes, j’aime bien prendre la taille au-dessus pour pas être serrée. Ca me semble parfait en terme de taille : ouf !
Le truc qui me surprend tout de suite c’est le bruit. Un peu comme les robes de mariée avec du tulle, ça fait du bruit. Et je commence ma journée trépidante attentive à cette culotte.

Mes impressions à l’utilisation

Les sensations

Physiquement, on ressent la même sensation qu’avec une serviette (je ne sais pas si on sent ça avec une cup) : on sent le flux couler. Alors ça fait bizarre car quand on n’a pas encore éprouvé l’efficacité car on a peur de la fuite.

Ce qui est agréable c’est qu’on se sent libre de ses mouvements et c’est vrai que la protection étant dans la culotte, on a moins la peur de la fuite dû à un mauvais collage. On a confiance. On peut faire du Yoga, des inversions, du vélo, marcher sans aucun problème : rien ne bouge tout se passe bien.
En revanche, la protection étant sur quasi toute la surface de la culotte, elle donne chaud. Dans le bas du dos, au niveau du sacrum, ça fait comme une petite « couverture » qui tient chaud. Alors sur les petites activités du quotidien ça va, mais si vous vous activez vraiment, ça devient gênant.

En l’occurrence la séance de sport où vous sautez dans un sens ou dans l’autre, ou le simple footing, je pense que ce n’est pas du tout adapté. La culotte bouge et c’est pas agréable de la replacer si vous voyez ce que je veux dire. Aussi, comme je vous disait le fait qu’elle donne un peu chaud, si vous vous activez, vous restez ensuite un certain temps humide, comme si vous aviez transpiré uniquement sur cette partie-là. C’est un peu bizarre comme sensation surtout quand le reste du corps a déjà séché.

L’efficacité

Concernant son efficacité, l’absorption se fait bien. Néanmoins, ce qui me gêne c’est de ne pas pouvoir voir. Alors c’est peut-être très personnel mais voir le flux me permet de savoir où j’en suis et surtout s’il y a besoin de changer tout de suite où dans 2 heures. Là le tissu étant noir, on ne voit rien. On ne se rend pas compte. Si bien qu’il y a eu un jour où pile au milieu de la journée, la fuite est arrivée. Heureusement j’étais à la maison, j’ai pu me changer. Mais au bureau ce serait compliqué !

L’efficacité des culottes sur les sites est exprimée avec des notions d’abondance : « léger », « medium » ou « super ». Ou bien en comparatif avec des tampons : telle culotte équivaut à 2 tampons. Alors c’est un peu déstabilisant car je sais pas vous mais ma culotte je la garde toute la journée au moins de 7h à 23h alors qu’il y a aucune protection menstruelle que je garde autant de temps. Dans mon petit calcul, je n’avais pas envisagé qu’il fallait changer de culotte au cours de la journée. Et je vous avoue que je n’ai pas très bien compris s’il fallait le faire. Ce doute persiste encore aujourd’hui.

Le lavage de la culotte de règles

Alors grande question qui est peu évoquée car on nous dit que ça passe en machine. Très bien, c’est moi qui gère le linge à la maison, impeccable. Sauf que je sais ce que contient cette culotte et je ne vais pas la balancer comme ça ni vu ni connu avec le linge de la famille. Ou pire, la balancer dans le bac à linge sale, attendant que je fasse une machine de noir 3 ou 4 jours plus tard !
J’ai donc fait ce qui m’a semblé le plus hygiénique. J’ai rincé ma culotte dans le lavabo pour ensuite la prélaver à la main avec du savon de Marseille. Bon… j’ai pas trop aimé le rinçage dans le lavabo. Voir tout ce sang qui datait de plusieurs heures s’écouler là où tout le monde se lave les dents, ça m’a clairement dérangé. Alors j’ai ensuite changé de méthode j’ai rincé dans la douche. Ca m’a semblé plus discret.
Ca demande quand même un peu d’organisation et d’huile de coude, il faut bien le dire. Et puis, pour ne pas qu’elle « pourrisse » en attendant son vrai lavage en machine, après son prélavage, je la laissais sécher sur le fil à linge. C’est qu’elle en a du tissu, elle ne sèche pas rapidement ! Et donc, sur quelques jours, il y a toujours des culottes à moi dans la salle de bain. Super la discrétion, d’autant que les 3 culottes que j’ai choisies sont les mêmes. Heureusement qu’on ne m’a pas posé la question du pourquoi je mets la même culotte. (« C’est pas la même, j’en ai 3 pareilles ! »)

Mon bilan et mes réflexions

Sur la protection menstruelle en tant que telle

J’aime beaucoup la culotte menstruelle pour sa praticité, le côté liberté des mouvements mais pas dans n’importe quelles circonstances. A la maison : hyper pratique. Pendant la nuit : pour le coup, un vrai bonheur de ne pas se réveiller pensant qu’il y a une fuite. Est-ce que je la mettrai pour aller au bureau, en rendez-vous ou autre ? C’est moins sûr. J’ai pas encore assez confiance. Et globalement, j’aime pas avoir à penser à mes règles ou à mon corps si je suis en présentation ou en rendez-vous. Il n’y a pour moi pas de place pour ça. Mais c’est très personnel.

Sur le principe de la culotte de règles

Dans cette expérience, j’ai eu la sensation de faire quelque chose de bien pour la planète, même si je reste dubitative sur les impacts. Par exemple personne ne parle de l’eau nécessaire pour la laver. Je pense qu’il faudrait peut-être que je teste avec une autre marque. Je n’ai par ailleurs pas de doute sur le fait qu’avec le temps, ces culottes vont s’améliorer encore.

En revanche, il me reste en tête une impression un peu plus mitigée sur le rapport que cela induit de la femme à son corps. A l’usage, au fur et à mesure des jours qui passent, je trouve qu’il y a une forme de culpabilité par rapport à l’environnement par exemple que l’on fait porter aux femmes. Je ne suis pas à l’aise sur le fait que l’on renvoie la femme à son corps de cette façon. Que la culotte soit une alternative intéressante oui. Mais que la culotte soit une charge supplémentaire ou qu’elle rappelle qu’en étant une femme, on ne peut pas faire ce que l’on souhaite parce que son « corps » ne le permet pas me gêne. Je ne suis pas sûre que ma grand-mère qui était née en 1930 verraient le retour des culottes lavables d’un très bon œil, même avec un argument technique ou écologique.

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