Pratiquer le Yoga : une envie de transformation
On dit souvent que le Yoga est une pratique à la mode. Mais force est de constater que souvent, les participants viennent souvent au Yoga parce qu’ils souffrent. Une souffrance physique : mal au dos, le corps raide, besoin de se renforcer. Une souffrance mentale : stress, anxiété, manque de confiance en soi. Les situations sont multiples et ce désir de s’impliquer dans son corps cache aussi souvent un désir de transformation. « « La motivation initiale pour faire du yoga n’est jamais la bonne, me raconte Eva Ruchpaul, fringante yogi de quatre-vingt-dix ans et pionnière de la discipline en Europe. » […] En réalité, même si on ne le dit pas, ou alors après plusieurs années de pratique, c’est toujours autre chose qu’on vient chercher dans le yoga. ». Marie kock
1. La transformation pour la réparation du corps
Le yoga comme réponse à la souffrance physique
B.K.S. Iyengar est un cas emblématique de la transformation physique par le yoga. Atteint dans sa jeunesse de tuberculose, de typhoïde et de malnutrition, il était si faible qu’il ne pouvait pas se tenir debout correctement. C’est son beau-frère, T. Krishnamacharya (souvent appelé le « père du yoga moderne »), qui lui enseigna le yoga pour l’aider à se rétablir. Iyengar développa une méthode rigoureuse, centrée sur l’alignement précis des postures. Pour rendre les asanas accessibles à tous, y compris aux personnes blessées ou malades. il utilise des accessoires (sangles, blocs, couvertures).
Dans Light on Yoga, il décrit sa méthode. C’est-à-dire comment chaque posture doit être tenue avec une attention méticuleuse à l’alignement des os, des muscles et des articulations. Par exemple, la posture Tadasana (posture de la montagne) n’est pas simplement « se tenir debout ». Mais un exercice de rééquilibrage de la colonne vertébrale, des épaules et des pieds. Cela corrige les déséquilibres posturaux causés par la sédentarité ou les blessures. Iyengar a travaillé avec des patients souffrant de scoliose, d’arthrite ou de handicaps physiques. Son objectif était de montrer que le yoga peut être adapté pour « réparer » le corps, même dans des cas sévères. Son approche est aujourd’hui utilisée dans des centres de rééducation à travers le monde.
Le yoga comme thérapie
Dès lors le Yoga a pu être utilisée comme thérapeutique. T.K.V. Desikachar (fils de Krishnamacharya) a par exemple, aussi formalisé l’idée que le yoga doit être personnalisé pour répondre aux besoins spécifiques de chaque individu. Dans The Heart of Yoga, il raconte comment son père adaptait les pratiques en fonction de l’âge, de la santé et des capacités de ses élèves. Par exemple, pour une personne souffrant d’hypertension, il recommandait des postures douces comme Supta Baddha Konasana (posture de la déesse allongée). Il la combinait à une respiration lente pour abaisser la pression artérielle.
Si elles ont mis du temps à voir le jour, nous disposons aujourd’hui de plus en plus d’études cliniques prouvant l’efficacité du yoga. En particulier dans certaines prises en charge. Désormais, d’autres méthodes plus contemporaines telles que la méthode de Gasquet ou la Yogathérapie pour ne citer qu’elles enrichissent ces outils et connaissances thérapeutiques du yoga.
2. Réconciliation avec soi-même
Consciemment ou pas, il arrive souvent qu’on ait besoin du Yoga pour faire la paix avec soi-même. Question d’acceptation, d’affirmation, ou encore de pardon. S’aimer n’est pas chose aisée, quel que soit l’âge, et il faut souvent revenir dans l’expérience de son propre corps pour renouer avec lui et changer son propre regard. Et bien sûr, oublier le jugement !
Le yoga comme outil de résilience
Patanjali, dans les Yoga Sutras, décrit le yoga comme un moyen de maîtriser les fluctuations du mental (citta-vritti-nirodhah). Il explique que la souffrance mentale (stress, anxiété, dépression) provient de l’identification excessive avec les pensées et les émotions ainsi que du décalage entre ce qui est et ce que nous pensons qu’il devrait être. La pratique des asanas et de la méditation permet de créer un espace entre le pratiquant et ses pensées, réduisant ainsi leur emprise. Par exemple, la posture savasana, souvent pratiquée en fin de séance et souvent perçue comme une simple relaxation, est en réalité un exercice de lâcher-prise mental. Patanjali insiste sur son importance pour intégrer les effets de la pratique et calmer le système nerveux.
La méditation de pleine conscience a été fondée par Jon Kabat-Zinn (MBSR : Mindfulness-Based Stress Reduction). Elle est aujourd’hui très utilisée en psychiatrie pour des cas de dépression, d’addictions ou d’autres pathologies mentales. Car en effet, les exercices de respiration consciente (pranayama) combinés à des postures douces permettent de réduire l’anxiété et d’améliorer la qualité de vie. Si le sujet vous intéresse, nous vous recommandons cet article sur le sujet de la dépression et la méditation.
Le yoga comme espace de rencontre avec soi
Le yoga crée un cadre sécurisant pour explorer ses émotions, ses peurs et ses résistances. Contrairement à d’autres pratiques physiques, il ne s’agit pas de performance, mais de présence à ce qui est.
Judith Lasater (Living Your Yoga) souligne que le tapis de yoga est un miroir : il reflète nos schémas mentaux et nos blocages. Par exemple, une personne qui évite systématiquement les postures d’équilibre peut découvrir une peur inconsciente de « perdre le contrôle ». En effet, ce qui se passe sur le tapis, fait directement écho avec ce qui se joue dans notre vie. En pratiquant avec bienveillance, elle apprend à accueillir ces peurs et à les intégrer, plutôt qu’à les combattre. Selon elle, le yoga « ne consiste pas à se tordre en quatre, mais à se détordre de l’idée que l’on doit être parfait. ».
Ancrage et empowerment : les bases de la confiance en soi
La confiance en soi se construit par l’expérience répétée de sa propre capacité à faire face. Le yoga, par sa dimension à la fois physique et mentale, offre un terrain idéal pour cela. Stephen Cope (The Wisdom of Yoga) par exemple, explique que les postures difficiles (comme Bakasana, le corbeau) ne sont pas des épreuves à « réussir », mais des opportunités de découvrir sa force intérieure. Chaque tentative, même imparfaite, renforce la conviction que « je peux essayer, je peux persévérer ». Il ne s’agit pas de développer l’égo, bien au contraire.
Sharon Salzberg (Real Love), lui, insiste sur l’importance de célébrer les petites victoires : tenir une posture 5 secondes de plus, respirer profondément malgré la gêne, ou simplement oser se montrer sur le tapis. Selon elle, « la confiance, c’est comme un muscle : plus on l’utilise, plus elle se renforce. Le yoga est une salle de sport pour l’âme. »
« Le yoga m’a appris que la confiance ne vient pas de la perfection, mais de la persévérance. Chaque fois que je tombe d’une posture, je me relève. Et c’est ça, la vraie force. »
Un pratiquant anonyme
3. La transformation spirituelle
Swami Vivekananda (1863–1902), disciple de Ramakrishna, a introduit le yoga en Occident comme une voie de transformation spirituelle. Dans Raja Yoga, il décrit comment la pratique du yoga mène à la réalisation de soi (atman), en transcendant les limitations de l’ego. Pour lui, le yoga n’est pas seulement une gymnastique, mais un chemin vers la liberté intérieure. La méditation sur le mantra « Om » ou la pratique de Dhyana (méditation profonde) permet, selon Vivekananda, de dissoudre les conditionnements mentaux et d’accéder à une conscience élargie.
Conclusion
En définitive, le yoga, plus qu’une activité physique, c’est un processus de transformation holistique. C’est véritablement un chemin de transformation globale. Il répare le corps en corrigeant les déséquilibres, il transforme la relation à la souffrance en apaisant le mental et il offre une voie vers la libération et la réalisation de soi. « Je suis venu au yoga dans un souci de bien-être (physique dans un premier temps, mental dans un second temps). Cela m’a apporté effectivement beaucoup de bénéfices sur le plan du corps et de l’esprit. Mais ce que j’ai découvert au fur et à mesure des pratiques, c’est quelque chose d’autre qui se situe au-delà du corps et de l’esprit, au-delà du bien et du mal. Quelque chose qui est difficile à expliquer, qui est innommable, une sorte de présence vivante, intérieure, immense et silencieuse. Toujours est-il que le sens de la pratique est de cultiver et d’entretenir cette présence, de vivre dans cette conscience à chaque instant. L yoga va bien au-delà d’un bien-être confortable, petit, étroit. Comme la vie est bien plus vaste. Ne pas oublier. Revenir au centre. » Philippe Filliot, Le yoga comme art de soi.

En y réfléchissant bien, on vient tous chercher effectivement un peu de cette transformation. La pratique elle-même est salutaire, comme nous venons de le voir. Et bien souvent, cela suffit. La régularité fait le travail.
Mais si d’aventure, vous avez besoin d’une approche plus spécifique, vous pouvez vous orienter vers du Yoga de Gasquet. En particulier si vous avez des problématiques de dos. Et si vous situation nécessite un accompagnement encore plus personnalisé, n’hésitez pas à réserver une séance de Yogathérapie.
